Articles & Réflexions
Le miroir et l’inconscient : ce que l’image dissimule
L’image de soi ne se construit pas seule. Dès l’enfance, elle se façonne à travers le regard de l’autre, les expériences vécues et la manière dont nous intégrons notre propre corps.
Par Gérard Hartenstein ·

Avec le temps, un décalage peut apparaître entre ce que nous sommes, ce que nous montrons et l’image que nous avons de nous-mêmes. Ce décalage n’est pas toujours conscient. Il peut pourtant influencer profondément notre manière d’être, d’agir et d’entrer en relation avec les autres.
Le sentiment d’imposture
Ne pas se reconnaître dans le reflet ou dans la posture que l’on présente au monde peut créer une forme d’étrangeté à soi-même.
On peut donner l’image d’une personne assurée, accomplie, parfaitement à sa place, tout en éprouvant intérieurement un sentiment de décalage ou d’illégitimité.
La psychanalyse permet d’interroger cet écart : qu’est-ce qui, dans notre histoire, nous empêche parfois de nous reconnaître dans la personne que nous sommes devenue ?
La tyrannie du regard
Le regard de l’autre participe très tôt à la construction de notre propre image.
Lorsqu’il devient la principale mesure de notre valeur, nous pouvons finir par vivre dans l’attente du jugement, de l’approbation ou de la reconnaissance extérieure.
Cette recherche peut nous enfermer dans un idéal de perfection inaccessible.
Le blocage de la confiance
Une image intérieure dévalorisée peut freiner l’action, le désir et le rapport aux autres.
Ce que nous pensons de nous-mêmes n’est pourtant pas uniquement déterminé par ce que nous sommes aujourd’hui. Cette perception porte aussi les traces de notre histoire, de certaines paroles reçues, de nos expériences et de mécanismes parfois inconscients.
C’est chercher à comprendre ce que nos postures, nos évitements, nos choix et notre rapport au regard de l’autre peuvent révéler de notre histoire intime.
Et peut-être, progressivement, porter sur soi un regard qui nous appartienne davantage.