Articles & Réflexions
Ce que notre image dit de nous
Pourquoi certaines photographies nous ressemblent-elles… et d’autres pas du tout ?
Par Gérard Hartenstein ·


Il suffit parfois d’une photographie.
Nous la regardons et nous nous reconnaissons immédiatement.
À d’autres moments, face à notre propre portrait, une impression étrange apparaît :
« Ce n’est pas moi. »
Pourtant, objectivement, c’est bien notre visage.
Alors, qu’est-ce qui se joue dans cet écart entre l’image photographiée et l’image que nous avons de nous-mêmes ?
Nous ne nous regardons jamais tout à fait seuls
Notre rapport à notre apparence est intimement lié à notre histoire.
Depuis l’enfance, nous nous construisons aussi à travers le regard des autres : celui de nos parents, de notre famille, de nos proches, puis de ceux que nous rencontrons au fil de notre vie.
Des paroles, des réactions, des comparaisons ou parfois de simples silences peuvent progressivement participer à la construction de l’image que nous avons de nous-mêmes.
Et cette image intérieure ne correspond pas nécessairement à ce que les autres voient.
Le portrait comme révélateur
C’est ce qui rend la photographie particulièrement intéressante.
Devant un portrait, nous ne regardons pas seulement des traits physiques.
Nous confrontons ce que la photographie nous montre à la représentation que nous avons construite de nous-mêmes.
Une expression, un regard, une posture peuvent alors nous surprendre.
Parfois même nous déranger.
Mais ils peuvent également nous permettre de découvrir quelque chose que nous ne percevions plus.
Se regarder autrement
Il ne s’agit pas d’apprendre à aimer toutes les photographies de soi.
Ni de rechercher une image idéale.
Il s’agit plutôt de pouvoir se demander :
Quel regard est-ce que je porte sur moi ?
Et d’où vient ce regard ?
Explorer son rapport à l’image peut ainsi devenir une manière d’interroger son histoire, sa relation aux autres et la place que leur regard occupe encore aujourd’hui.
Avec, peut-être, la possibilité de porter progressivement sur soi un regard qui nous appartient davantage.